PASSAGE DANS LE VRAI "SUD"

Publié le par Olivier Maffre

  


A 2000 m, limite entre surfaces boisées et non boisées                      Planter sa tente à 10 Km de toute habitation, ça vous branche?
 

Vendredi 25 Juillet                                                                                                                              JOUR 13


GUILLESTRE - MONTEE DE LA BONNETTE
                                  

 

Temps : beau et chaud, puis violents orages en fin de soirée.

Kilomètres : 53

Dénivelé : + 2000 m

   Col de Vars (2109 m), moitié de la montée de la Bonnette

 

  Je décolle ce matin de beau temps chaud, à 10h de Guillestre. J'attaque directement la montée du col de Vars (1300 m de dénivelé). J'effectue l'essentiel de la montée avec un retraité de 66 ans. Cela fait plusieurs fois que je roule accompagné, et c'est plutôt agréable. Je m'arrête à Vars pour me ravitailler en boisson et en fruits. Les 4 derniers kilomètres sont ensuite effectués facilement, à un rythme au contraire très bon. Seules les mouches, présentent en quantité à cette altitude, rendent l'avancée difficile. Au sommet je croise une équipe de 4 personnes sans doute amies, avec qui je parle un moment. Je descends ensuite, et j'arrive tranquillement à Jausiers pour manger. On sent ici qu'on est vraiment passé dans le "sud" des Alpes; c'est beaucoup plus sec, il fait bien plus chaud qu'au nord à des altitudes comparables. Vers 14h, je décide de m'attaquer à la montée de la bonnette. Ici, je suis à 1200 m ; au sommet, je serais à ... 2802 mètres ! Je pars sur un bon rythme. Je sens réellement que j'ai progressé depuis 10 jours (13 exactement). Je ne sais pas où je vais m'arrêter pour aujourd'hui. Je grimpe avec un belge, travaillant à la RTBF et venus en vacances dans la région avec son frère, qui m'a doublé quelques minutes auparavant. On parle de vélo, de la France, de la Belgique... Avec son accent belge, il dit ensuite : "mon frère, il dit toujours qu'est ce que c'est bien de rouler ensemble, mais c'est qu'il m'attends jamais!". Après 12 km d'ascension, je sens dans les jambes le col de Vars qui me revient. Je m'arrête prendre un café dans le bar restaurant situé à mi chemin entre Jausiers et le sommet. Rapidement, le ciel se couvre et l'orage gronde. La gérante du restaurant me déconseille de monter, il risquerait de faire très froid à 2800m, et s'il pleut, ce sera peut être de la neige ou de la grêle. Je suivrais ses conseils, et comme elle me le propose je m'installerais dans le champ en contrebas pour la nuit. J'ai de la lecture pour le reste de l'après midi. Le bar - restaurant a eu la formidable idée d'installer des toilettes et un lavabo à l'extérieur du bâtiment, dans une petite cabane en bois, ce qui me permet un ravitaillement en eau pour faire cuire mes pâtes. L'orage arrive doucement, et il se met à pleuvoir dans le début de la soirée. C'est un vrai orage de montagne, et les éclairs se font de plus en plus fréquents. Je décide d'aller me coucher. Ce soir là, après le départ des propriétaires du restaurant, je me retrouve seul, à plus de 2000 m, au milieu d'un champ, sans portable -pas de réseau téléphonique. Le seul lien avec le "monde extérieur" se fait par le poste radio.

 C'est seulement plus tard -et notamment le lendemain- que je réaliserais le bonheur d'une nuit à la montagne au milieu d'un havre de paix tel que celui ci.

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